Le NEPAD invite les médias à plus d’engagement
Dans le cadre du second «Dialogue régional des médias africains », une cinquantaine de professionnels de la communication se sont réunis, à Maseru au Lesotho du 7 au 10 Juin à l’invitation des Nations Unies et de l’Union Africaine/NEPAD.
Le « Dialogue Régional des Medias africain » est une activité organisée dans le cadre du Mécanisme de Coordination Régionale des Nations Unies (RCM), une initiative qui s’inscrit en droite ligne du Plan Décennal du Renforcement des Capacités signé par les Nations Unies et l’Union Africaine en 2006. Il s’agissait pour les organisateurs de cette rencontre, de sensibiliser davantage et d’impliquer les hommes et les femmes des médias dans la promotion des projets et programmes de développement de l’UA/NEPAD.
« Après le premier Dialogue régional des medias africains tenu à Vaal, en Afrique du Sud, au mois de Février 2009, il subsiste des insuffisances relatives à la couverture médiatique des activités de développement du continent en général, et du NEPAD et de l’Union Africaine en particulier », a constaté Habiba Mejri-Cheikh, Directrice de l’information et de la communication à l’Union Africaine. Une observation que les participants: patrons de presse, éditorialistes, rédacteurs en chef et chefs de rubriques, ont jugé objective.
En effet, malgré les efforts fournis par les pays africains en matière de développement, il apparaît que les médias internationaux, avec la « complicité » des correspondants nationaux, continuent de véhiculer une image négative du continent. Images de désolation, de guerres, de pauvreté, de maladies, de peuples peu éduqués… Lesdites images perpétuent des situations relevant pour la plupart de la décennie 60-70. « Pourtant, de grands changements sont intervenus entre temps. Des économies fortes s’affichent sur nos écrans. Des secteurs comme l’agriculture, la santé, l’éducation sont mieux pris en charge pour être améliorés. Une nouvelle dynamique est en marche qui nous permet de nous attendre à un avenir positif et à une Afrique gagnante », a expliqué Mieko Ikegame, Coordonnatrice du Bureau du Conseiller Spécial pour l’Afrique des Nations Unies (UNOSAA).
C’est donc cette image écornée de l’Afrique qu’il s’agit de corriger, pour donner à voir un continent à même de remédier à la pauvreté, la famine, le Sida, la corruption. Reste à savoir comment... A ce sujet, les professionnels des médias réunis à Maseru ont multiplié les idées et les propositions. Celles-ci vont de la disponibilité des informations relatives aux actions concrètes de développement dans les pays à la constitution d’un réseau de médias spécialisés dans ledit domaine, en passant par l’installation de points focaux dans chaque pays, la multiplication des discussions interactives avec les journalistes locaux, la nécessité d’appuyer financièrement les médias africains parfois sans ressources, les invitations aux forums internationaux où les grandes orientations se décident généralement, etc.
Selon Tarek El Sonoty du quotidien égyptien Al Ahram, un des participants, « le journaliste ne relaye que les faits. S’il n’a pas connaissance des réalisations concrètes du NEPAD, comment peut-il en parler ? Pour traiter du sujet ou faire la promotion du programme, il lui faut des données crédibles obtenues auprès des personnes ressources souvent peu enclines à livrer les informations ». Au terme de trois jours de travaux ponctués de visites sur le terrain des projets du NEPAD (e-Ecoles, Agriculture dans le cadre du PDDAA), autorités de la CEA, de l’UN-OSAA, de l’UA/NEPAD et professionnels des médias ont convenu de l’établissement d’un partenariat gagnant-gagnant. L’objectif final étant de sortir l’Afrique de la marginalisation à travers la publication de reportages sur ses « success stories » ou réussites.
Source : Cameroun Tribune