Communiquer davantage et mieux sur les actions du NEPAD
Par Yvette Mbassi, Cameroun Tribune
L’anecdote d’un participant rapportant les interrogations de son entourage sur l’existence du NEPAD a fait sourire les organisateurs. Sans en ôter la pertinence. Dans le cadre d’une autre rencontre internationale, la directrice des institutions et organismes du NEPAD au ministère congolais de l’Economie, du Plan, de l’Aménagement du Territoire et de l’Intégration, Firmine Mikinguita, relevait pour le regretter que : «nous sommes très en retard sur le NEPAD. Il y a beaucoup de recommandations. Les politiques parlent, mais dans la pratique on ne voit pas grand-chose ». C’est que dix ans après sa mise en œuvre, le programme demeure encore peu connu sur le continent. Tant des hommes des médias, de la société civile que des populations susceptibles d’en bénéficier. D’où les difficultés de ces derniers à se l’approprier. Et pour les observateurs, le fond du problème réside dans l’absence de communication. Pourtant, le NEPAD offre de nombreuses opportunités aussi bien en matière de développement des pays que pour le bien-être des communautés.
Pour les faire connaître, les médias, mais aussi les initiateurs du NEPAD, ont un rôle clé à jouer. Celui de promouvoir les activités du programme sur le continent. Pour cela, il est important que ses principaux acteurs, de l’Union Africaine à l’Agence de Planification et de Coordination du NEPAD, nouvelle appellation de l’ancien Secrétariat du NEPAD suite a son intégration dans les structures et processus de l’UA, aillent au delà des discours pour donner à voir ses retombées concrètes. Avec une nouvelle orientation stratégique de l’Agence reposant sur six volets thématiques que sont:-agriculture et sécurité alimentaire, changement climatique et gestion des ressources naturelles, intégration régionale et infrastructure, développement humain, gouvernance économique et d’entreprise, questions transversales de genre, développement de capacité et des technologies de l’information et de la communication-, il est par exemple question d’évaluer le chemin parcouru depuis dix ans.
Pour sa part, le directeur du bureau sous-régional pour l’Afrique centrale à Yaoundé de la Commission Economique des Nations Unies (CEA) pour l’Afrique soutient que de nombreuses réalisations existent, dans les domaines des infrastructures et bien d’autres secteurs. Selon Mamadou Hachim Koumaré, sur les quatorze projets recensés dans le cadre du plan d’action à court terme du NEPAD, au moins six connaissent déjà un début d’exécution. Il s’agit notamment des projets de liaison du Congo-Brazzaville et République démocratique du Congo par route et voie ferrée, de construction d’un pont entre la Centrafrique et le Congo-Brazzaville, d’interconnexion électrique entre la RCA et la RDC, puis entre le Tchad et le Cameroun. Deux autres projets de route entre le Congo et le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Cameroun y figurent également. Il en est de même pour l’initiative des e-Ecoles mis en œuvre au sein de six établissements pilotes au Cameroun. De plus, des financements sont en cours pour la réhabilitation du barrage d’Inga en RDC. Des projets qui gagneraient à être davantage connus.